Le Siam vous accueille a bras zouverts, et plus si affinites

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Thaïlande - Krabi
de GreG, le 14-11-2005

Le Siam vous accueille a bras zouverts, et plus si affinites

Ca fait un bail que je n’ai pas mis mon site a jour ni meme tenu mon propre carnet de voyage personnel… Il faut dire que je n’ai pas vu le temps passer depuis mon arrivee a Bangkok.
D’emblee je suis tombe sous le charme de la capitale de l’ex-Siam et par la suite du pays tout entier. Charmante, charmeuse, ce sont bien les mots pour definir la Thailande qui n’en finit pas de jouer la carte de la seduction. Tout ici est fait pour ravir le touriste et le satisfaire en permanence. A commencer par les males occidentaux en mal d’amour de 30 a 130 ans, qui l’espace de 15j de "vacances" se prennent d’amour pour la ravissante Thai qu’ils payent quelques baths et affichent fierement a leur bras, quand ils ne baissent pas les yeux en croisant un autre blanc dans les rues de Bangkok. A force de croiser ces couples mixtes, on finit par s'habituer, presque a accepter cet echange de mauvais procedes, tu combles ma frustration et je remplis ton frigo. L'offre et la demande. Enfin les pepes aux bras de pepettes, ca reste en travers de la gorge. On est quand meme soulage de voir de vrais couples mixtes avec de beaux metisses dans les bras. Ensuite, les fetards de tout poil. Les qui aiment fumer l'herbe, les qui aiment picoler sous la Lune pendant la Full Moon Party. Et puis ceux qui aiment les vieilles pierres, avec tous les temples bouddhistes tout autour du pays. Et ceux qui ne jurent que par les plages de sable fin, ceux qui veulent de la jungle et des animaux, ceux qui plongent, ceux qui grimpent, ceux qui kayakent, ceux qui trekkent, et surtout surtout, ceux qui bouffent ! Delicieuse la cuisine thai, dont j'ai d'ailleurs appris les rudiments ce matin : les currys a base de lait de coco, les riz sautes, les spring rolls, la salade de papaye verte. Un delice.

Bangkok, deux novembre. L'aeroport est a 25km de la ville, et deja, le long des 8 voies superposees on ressent l'urbanisation galopante de cette ville de plus de 8 millions d'habitants. Ca change du Nepal ! Des buildings a la toque, un metro high tech, des galeries marchandes qui n'ont pas a rougir devant Harrod's ou le Printemps, le tout cotoyant des quartiers bien moins favorises, autour d'un fleuve ou le traffic des barques a moteur ou non est incessant, le long des rues des troquets ambulants qui servent mille et un plats, souvent delicieux, parfois deroutants, multicolores, en gelee, en brochettes, dans une feuille de bananier, frits, vapeur, en sauce, en soupe, en veux tu en voila, et toujours toujours sucre-sale. On mange a toute heure, ici.
Bref il y en a pour tous les gouts, et chacun y trouve son compte.
Des temples clinquants de Wat Phra Keo et Wat Pho exhibants leurs bouddhas geants dans une palette pantagruelique de dorures, au rues etroites de Chinatown ou l'on s'agite, on se bouscule, on marchande, on ne sait plus ou donner de la tete.
Heureusement pour moi, Damien et Arianne, expats francais a Bangkok et pour l'occasion guides excellents, m'ont super bien recu et cette base arriere a permis d'assurer un repos reparateur.

De la capitale, train de nuit pour Chiang Mai, deuxieme ville du pays, tout au nord, a la fois tres active et tres agreable. Je me suis pointe la fleur au fusil a la gare, 10 minutes avant le depart du train, dans lequel je suis monte sans encombre. Je suis bien loin de mes peregrinations indiennes, ici !
C'est de la que j'ai attaque un trek de 3 jours dans la foret tropicale, ouai la jungle on peut dire ca, en compagnie de 11 autres touristes forts sympathiques, un melange plutot reussi entre un flic et un vendeur de "Marie Jeanne", juifs et allemands (non je ne fais pas d'amalgame, pas de souci), Yankee et Froggy, travailleuse sociale pour toxicos sous les verrous et grand fan de cannabis... Tres drole !
Pol, notre guide thai nous a inflige 30km de marche la plupart du temps sous la pluie et dans la boue, avec nos indefectibles amis les moustiques et les sangsues qui se sont invitees a la fete, genre je te colle aux basques et a la peau, avec au programme visite d'une grotte, promenade a dos d'elephant, nuits parmi les populations tribales et pour couronner le tout une seance de bamboo rafting - du rafting systeme D sur des radeaux en bambous, pas pique des hannetons.
Dans le bambou, comme dans le cochon, tout est bon. On mange ses pousses, on en fait des maisons, des gobelets, et pour promener son couillon, des rafts !
Debout a 6 personnes sur un radeau de plus de 10m de long, on arrime les sacs qu'on a rendu etanches grace a de simples sacs plastique, et c'est parti. Aquacity version Indiana Jones, et si tu te manges les branchages qui depassent, c'est bien fait pour ta gueule, t'avais qu'a pas te marrer en regardant derriere si les copains sont moins stables que toi. Pareil si le copain, enfin, le copain, je veux dire l'emplatre de devant retient la branche qui le gene et la relache au dernier moment. Dans ta face !

Et la balade a dos d'elephant alors ? Un elephant ca peut atteindre les 70 ans. Le mastodonte que je chevauche sur mon palanquin en ferraille est age de 45 ans. Un male. Belle bete. Le chemin, en pente, la pluie menace, et c'est nous trois, le "chauffeur", la bete et moi qui ouvrons la voie, ca promet d'etre epique... Patte avant gauche dans grosse flaque d'eau et de boue melee, je m'incline. 10 degres. Patte avant droite dans trou beant contigu au premier, je me prosterne. 20 degres.
- Caporal, il est temps de s'agripper au palanquin.
- Je me faisais la reflexion egalement moussaillon. Armez les bras droit et gauche, on s'accroche au palanquin ! Mains vissees force 3 !
- Force 3 OK !
Patte arriere gauche, patte arriere droite, belote et re, je prends le coup. Contrairement au chameau, l'elephant ne fait pas dans la dentelle, si ses oreilles passent, tout le corps passe avec, libre au chargement au mieux de s'accrocher, sinon de s'assurer une belle chute dans la boue, au pire de laisser un membre, bras, jambe ou tete sur une branche ou un tronc plus resistant.
- Caporal, la peau nous informe que la pluie commence a tomber a gros bouillon.
- Hissez la cape de pluie !
- Mission perilleuse, Caporal ! Hisser la cape de pluie presuppose le detachement de tout point fixe pendant environ 2min35'.
- J'en prends l'entiere responsabilite, moussaillon.
- ...
Deux minutes 35 secondes et douze pas de geant plus tard.
- Cape hissee. Notez que les yeux signalent une diminution du champ de vision d'environ 30 degres cote gauche et autant cote droit. On imputerait la defaillance technique a la capuche en plastique gris qui vous couvre, chef.
- Estimation du risque, moussaillon ?
- Fort, mon caporal. On distingue a l'horizon une armee de branchages pret a en decoudre.
- Ok. Les pieds bien a plat sur la tete du char. Serrez fesses et jambes. Pression des mains force 12 !
Et on continue. Esquive de la tete, gauche, droite, gauche, gauche, droitegauchegauchedddgdgggdd.
Pente 30 degres.
- ALERTE GENERALE ! ALERTE GENERALE ! Gros vaisseau ennemi a 8 pattes piquant venimeux et surement mortel et qu'a pas l'air gentil a midi ! Je repete : Gros vaisseau ennemi a 8 pattes piquant venimeux et surement mortel et qu'a pas l'air gentil a midi ! Caporal, on reclame une reaction instantanee.
- Lachez tout ! On quitte le navire ! Quadruple boucle pique en direction de la grosse flaque de boue la plus proche ! Execution !
Mais noooooon je deconne-euuuuuuuu. J'ai reussi a virer la grosse vilaine Naraignee rouge et jaune a ptis pois qui obstruait ma vision, car je suis invincible, c'est bien connu.
Enfin, une chose est sure, j'en ai bouffe de la toile d'araignee, et a toutes les sauces : de la blanche, de l'orange, meme, de la visqueuse et de la qui pue.

Si le moustique est un insecte dit piqueur suceur, qu'est-ce que la sangsue ? Une croqueuse bouffeuse ? Une sacree petite salope d'opportuniste, ouai !
Voila. Vive la jungle. Trempe, pique, suce, bouffe, croque, lessive, vide, mais quand meme emballe.
On marche dans une foret a la vegetation luxuriante, et de temps en temps on traverse des clairieres de rizieres magnifiques, et on compatit devant le dur labeur des agriculteurs qui s'echinent a repiquer les plants, un par un, inlassablement.
Le soir on essaie de faire secher les fringues autour d'un feu sous les etoiles. Et au bout de trois jours on ne peut plus se quitter alors en retournant a la civilisation, on se retrouve autour d'un repas dans un restau du coin.

Soiree arrosee tant et si bien que ma gueule de bois m'a cloue au lit et j'ai loupe mon avion pour le Sud du pays. En Europe, va te faire rembourser un billet Low Cost. Ici : No soucy Gregoraille, you can flight tomorrow. Yeah babye yeah !
Et me voila arrive le 11 novembre, a Krabi. Changement de decor. Plages de reve et eaux limpides parsemees de rochers karstiques vertigineux, grignotes par une vegetation tout aussi luxuriante. Des iles un peu partout. Le pied.
Les images du Tsunami sont pourtant bien vivaces dans mon esprit, et certaines histoires vecues qui remontent a mes oreilles me glacent le sang. Une chose est certaine, pour les reticents ou ceux qui sont mal informes : les Thailandais ont besoin du tourisme, et pres d'un an apres le drame, la majorite des sites ont ete rehabilites.

Un mot de Charlie special grippe aviaire :
Merci de prendre de mes nouvelles. Je suis completement flippe quand je croise un poulet, un perroquet ou un pigeon. Meme les cochons ca craint il parait. Je sais bien que Roissy va me refouler a mon retour en France quand ils verront que j'ai sejourne en Thailande. Ici mes congeneres ont pourtant l'air de bien se porter, la preuve, ils se font bouffer a tous les coins de rue, en curry, en brochettes, en soupe, impossible d'y echapper. Les cuisinieres me mattent avec un air sadique. Finalement je vais peut etre finir en sauce shopsuey. J'ai rencontre un pote sur Chicken Island, mais quand je lui parle du virus H5N1, il reste de marbre. Je comprends pas. Plus d'infos sur la pandemie en Malaisie ou a Bali. En attendant, portez vous bien, et boycottez les nuggets.


Ce soir, homard. Grille, sauce beurre-ail avec des Kathrin et James rencontres au cours de cuisine thai de ce matin.
Demain direction une ile, probablement Ko Lanta. Voila.

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